Accueil Date de création : 16/05/07 / Dernière mise à jour : 25/06/08 19:51 / 411 articles publiés

ORAN, du raï aux sources de la musique oranaise..(2/5)***eXcLuSiVe***  posté le jeudi 08 mai 2008 13:16

Une affaire de femmes.

Le courant du raï traditionnel conservateur, sérieux, art austère, essentiellement viril et jalousement gardé, est marqué dans les années '30-'40 par quelques grands maîtres, chioukh, comme Bouras, El Khaldi, Hamada ou Jilali. Mais à la même époque, sa forme populaire évolue fortement sous l'impulsion des femmes, les cheikhate . Féminin pluriel de cheikh , qui est synonyme d'homme vieux et savant, ce terme en est venu à désigner des femmes, expérimentées et savantes certes, mais aussi débauchées. Des noms sont restés célèbres tels Keltoum (que l'on dit également prostituée), Hadja Abbassiya, Halima Wahraniya, El Ouachma (la tatouée), Fatima Tlemsaniya ou Saâdia Rilizaniya, future Cheikha Rimitti . […] L'avènement du pop-raï.

Dés les années '30-'40, les grands noms du style moderne oranais ('asri ) -- Belaoui El Houari, Ahmed Saber, Ahmed Wahbi --, influencés par la musique égyptienne, avaient introduit oud (luth), kamenja (violon) et derbouka (percussion de terre cuite) dans l'art rural bédoin, alors bien implanté en ville. Belkacem Bouteldja y intègre l'accordéon en 1950. Avec les années '60 et l'Indépendance, jazz, rock, musiques latino-américaines et yéyé déferlent sur le Maghreb. Dans les dancings et les clubs d'Oran la blanche, ville des plaisirs, de l'indolence et du libertinage, le trompettiste Messaoud Bellemou les joue toute la nuit. Mais sa musique préférée reste celle du terroir. Il a l'idée de remplacer la gasba du raï par la trompette. Peu de gens, à l'époque, s'intéressent à cette musique réservée aux parents, pour ne pas dire aux vieux. Il attendra donc le début des années '70 avant que son nouveau style ne commence à trouver un public. Le vrai succès arrive lorsqu'un éditeur propose à Bellemou d'enregistrer avec le chanteur Belkacem Bouteldja. S'ensuit une série de disques en 1974, qui marquent l'avènement du pop-raï.

La révolution des sons

Les jeunes voix d'Oran se sont succédé à "l'Ecole du Raï" que constitue l'Ensemble Bellemou, et parmi les plus belles, celles de Chaba Fadela et de Cheb Khaled. Elles ont la vigueur, l'impatience de cette nouvelle génération née dans l'euphorie des années '60. Elles sont hantées par les préoccupations de l'adolescence, fascinée par tous les attributs de la modernité. Elles vont porter tous les fantasmes de transgression des règles contraignantes imposées par une société maghrébine musulmane bien pensante : sexualité débridée avant et en dehors du mariage, abus d'alcool, vitesse en voiture, griseries en tous genres La technologie va leur offrir les clés de la révolution musicale : la cassette audio, qui s'implante et se démocratise à une vitesse accélérée à la fin des années '70 ; le synthétiseur et la boîte à rythmes, qui entrent pour la première fois en 1980 dans l'accompagnement de Cheb Sahraoui, au studio des frères Rachid et Fethi Baba Ahmed à Tlemcen. C'est de ce studio huit pistes qu'en 1979 est sorti le premier brûlot de la nouvelle génération du raï, nimbé de guitares électriques et de batterie : Ana ma h'lali ennoum (Moi je n'apprécie plus le sommeil), par Chaba Fadela. Le ton est donné. La jeunesse, qui constitue près des trois quarts de la population algérienne, trouve enfin ses modèles, et les producteurs une insoupçonnable source de profits.

Des fans et des héros

Le raï des cheb et des chabas qui déferle au début des années 80 est pour la société algérienne un choc comparable à l'explosion du rock en Europe. Mon père ne peut pas entendre un chanteur dire à une fille "Je t'aime ". C'est justement ce que font les cheb et c'est pourquoi il les trouve vulgaires, explique Rachid Baba Ahmed. A cause de cette mauvaise réputation, c'est en cachette des parents, les frères sans les soeurs et les filles entre elles, qu'autour de leur radio-cassettes à piles les jeunes se mettent à onduler des hanches et des épaules lorsque Cheb Khaled entonne "Ya Hay Kabret " (Elle a grandi) : Ce n'est plus une petite fille / C'est une femme sensuelle / Elle veille tard et se shoote au scotch / Elle a grandi .Héroïnes et héros du raï sont des enfants terribles. A quatorze ans, Fadela jouait le rôle d'une délinquante dans Djalti , un film pour la télévision. La même année 1976, Khaled avec ses deux ans de plus, racontait l'école buissonnière et comment il allait "mater" les filles, dans son premier 45 tours "Trig Lycée ". Quelques années plus tard, au début de sa gloire algérienne, il évoquera son passage en prison dans "Cima el Berda " (Ciment froid). On a beaucoup reproché aux cheb leur manque d'instruction, la pauvreté de leur musique, le bricolage improvisé de leurs paroles. Mais leur succès réside précisément dans cette capacité qu'ils ont de jouer avec la langue sans prétention des jeunes, traduisant leur appétence à vivre à travers tous les excès, même les plus douloureux. Dans la première moitié des années '80, le raï s'impose rapidement à travers toute l'Algérie, jusqu'aux pays voisins, le Maroc en premier, et dans la diaspora maghrébine, majoritairement française. L'événement symbolique de sa première reconnaissance internationale est le festival de raï de Bobigny (23 au 26 janvier 1986). Il sera suivi par un concert à La Villette conçu comme une sorte d'histoire vivante du raï avec Cheikha Rimitti, Belkacem Bouteldja, Bellemou Messaoud et Cheb Khaled. Au festival de Bobigny on a vu les meilleurs de la jeune génération : Cheb Sahraoui et Chaba Fadela, Cheb Hamid, Raïna Raï, Cheb Mami et l'incontournable Cheb Khaled. Plus tard se feront connaître les Zahouani, Tati, Moumen, Kada, Kader, Benchenet, sans oublier l'explosive Chaba Zahouania. Epouse du célèbre Boualem, l'un des plus gros éditeurs du raï oranais avec sa maison Disco Maghreb, elle a enregistré en duo avec presque tous les cheb. Interprété avec Cheb Hasni en 1987, "Beraka "(qui dit : "Nous avons fait l'amour dans une baraque complètement niquée) " fut la cible des intégristes. Jusqu'en 1992, les pochettes des cassettes de Zahouania présentaient des photos de mannequins (souvent des blondes aux yeux bleus) -- un subterfuge déjà employé par Cheikha Djenia -- et elle ne se produisait en concert qu'assez exceptionnellement.

 

Khaled n'a pas usurpé son titre de "Roi du Raï". Avec sa voix au timbre si particulier et au phrasé si souple, il est à cette musique ce que Elvis Presley fut au Rock'n'roll. Eternel sourire, éternelle gentillesse masquant la sensibilité des timides, son apparent dilettantisme n'entame en rien la sympathie qu'il inspire. Malgré ses récents succès internationaux, il met un point d'honneur à rester individuellement accessible au public qui le porte. Son personnage de fêtard, de fou du volant, de grand buveur et d'amant délicat cadre étroitement avec son répertoire à la poésie tour à tour poignante, légère ou surréaliste.

Raï et pouvoirs

Au moment des émeutes d'Alger et de leur sévère répression en septembre 1988, de nombreux chroniqueurs cherchèrent dans le raï des messages politiques révolutionnaires. En vain. La puissance mobilisatrice de ce courant musical auprès d'une jeunesse de moins en moins contrôlable a cependant suscité bien des convoitises politiques. Malgré les jugements à l'emporte-pièce de la presse officielle -- Le raï est un monde où l'on boit sur des paroles religieuses, où l'on danse sur des chants funèbres. On n'aime pas, on veut. On ne boit pas, on se saoule le pouvoir algérien, débordé, déclare en 1985 le raï partie intégrante du patrimoine national. Un premier festival est organisé à Oran. Mais le gouvernement a beau lâcher du lest, il n'a que son armée pour réagir au soulèvement des jeunes d'Alger. Étrange prémonition, c'est peu de temps avant, durant l'été 1988, que Khaled enregistre la seule chanson délibérément engagée de son répertoire, "El Harba Wine " (Fuir, mais où ?) : Où est passée la jeunesse ? / Où sont les gens courageux ? / Les gros se goinfrent, / Les pauvres triment, / Les charlatans islamistes / Montrent leur vrai visage. / Alors quelle solution ?. Les paroles sont de Mohamed Angar, la musique de Idir, le célèbre chanteur kabyle. En 1989, le Front islamique du salut (FIS) s'empresse d'interdire toute manifestation raï dans les municipalités qu'il a gagnées. Oran est de celles-ci, un vrai coup dur selon Cheb Hasni, la star montante du raï-love : Nous étions tous sur liste noire, cheb ou chaba , expliquait-il lors du festival de raï d'Oran '92. Avec le FIS, ni concert, ni festival. Oran mourrait. Aujourd'hui, ils lui ont coupé le souffle, le FIS ne respire même plus. Les choses revivent. Ils (les barbus) viennent souvent chez moi : "Tu as une belle voix, pourquoi ne viendrais-tu pas nous faire le muezzin ? Les gens t'adorent, s'ils te voient prier, ils viendront prier, eux aussi." Ce ne sont pas les barbes sévères qui viennent, ce sont les jeunes modernes. Souvent, on connaît le mec - un voisin du quartier qui buvait avant de devenir "frère". Il rigole, parle de tout, n'a pas le discours ringard. Il sait parler. Cheb Tahar, l'un des chanteurs de la première vague des années '80, s'est fait récupérer pendant un temps. Il était saisonnier, avec une petit barbe Il l'a vite rasée. C'était à mourir de rire, se souvient Cheb Hasni. Pour de nombreux chanteurs, les événements algériens des deux dernières années sont une menace.

Ainsi Khaled déclarait-il récemment : Même si on me déroulait le tapis rouge, je n'irais pas en Algérie. On ne peut pas chanter pendant qu'il y a des gens qui meurent pour des raisons politiques. Je ne veux pas risquer ma vie. En ce moment, ils assassinent des médecins, des intellectuels, des journalistes, des universitaires. Ils veulent conduire le pays à la guerre civile. Il paraît que je suis sur la liste.

A suivre ... Une économie à deux vitesses

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ORAN, du raï aux sources de la musique oranaise..(1/5)***eXcLuSiVe***  posté le jeudi 01 mai 2008 13:35

ORAN,

du raï aux sources de la musique oranaise,

itinéraire d'une tradition vivante,

au coeur de la musique méditerranéenne Dossier journalistique préparé par CFI pour l'Université de la COPEAM mars 2007 L'université de la COPEAM qui se déroule du 10 au 17 mars 2007 a choisi pour thème "Oran, capitale de la Musique en Algérie, carrefour de la Musique Méditerranéenne et berceau du Raï".


 

L'éclatante richesse du raï, le métissage musical qu'il réalise depuis de nombreuses décennies, appelle à un voyage aux sources de la musique arabe, avec toutes les influences culturelles dont elle s'est nourrie. Ancré dans la tradition Bédoui, le raï est un héritage des femmes qui chantaient l'évocation des saints, puis le récit de leur propre vécu, avant que les enfants ne s'en emparent pour le faire évoluer vers un discours sinon protestataire tout au moins libérateur, exprimant les difficultés de l'existence et la quête d'un amour perdu ou à conquérir.

"Raï" signifie "opinions, point de vue, et comme le souligne Hadj Meliani " il exprime aussi dans les chansons le destin le (mauvais) sort, l'arbitraire".

 

De la chanson classique oranaise, pétrie de sentimentalité, aux formes les plus évoluées du raï (inspiration gnaui , jazzy, bluesy, rocky, techno) l'itinéraire est mouvementé. Né dans la clandestinité et les bas-fonds d'Oran, le raï s'est peu à peu diffusé au niveau local, régional national puis international, jusqu'à identifier un pays et une culture à l'échelle de la planète. Le Festival du raï est désormais un événement annuel incontournable. Autrefois étalé sur dix jours, il rassemble aujourd'hui à Oran , pendant quatre jours, tous les spécialistes du genre.

 

Le raï est aussi devenu une industrie: des cabarets, aux éditeurs de musique, en passant par les organisateurs de tournée, on estime qu'il fait vivre plus d'un million de personnes dans le pays. On dénombre pas moins de 400 Chebs et Chabas (jeunes hommes et jeunes filles) auteurs-compositeurs, interprètes qui, avec leurs musiciens, ont édité des dizaines de milliers de titres et commercialisés des centaines de milliers de CD et cassettes. Il est à noter que cette économie est le fruit d'initiatives entrepreneuriales individuelles qui ne doivent rien à l'État. L'Office National des Droits d'Auteurs (ONDA) n'est cependant pas en reste pour le recueil de la manne.

 

 

Oran, en quelques lignes

Avec plus de 1.200 000 habitants, Oran se classe au deuxième rang des villes d'Algérie. C'est la plus importante métropole de l'Ouest algérien. Ce chef-lieu de Wilaya (département) est une zone économique prospère et en expansion grâce à sa zone pétrolière (Arzew-Béthioua ) ses zones de développement (Es-Sénia et Hassi Ameur), son port de pêche, et son port de voyageurs ouvert sur Alicante ,Marseille, Sète et Almeria. Il faut y ajouter l'aéroport international de Es-Sénia.

 

C'est un centre commercial dynamique ouvert sur l'Europe. Comme nombre d'agglomérations, Oran doit faire face aux problèmes de voirie et d'alimentation en eau mais il suffit de sillonner la ville et sa banlieue pour découvrir un important programme de travaux en cours: assainissement, rénovation ou constructions de nouveaux logements, constructions de pont ,aménagement de voirie…

 

Sur le plan culturel, l'Association oranaise Bel horizon la présente en ces termes:" ville de théâtre et de musique, c'est le berceau du légendaire raï, musique sortie des entrailles de la ville et qui a fait le tour du monde. A Oran, on édite près d'une dizaine de journaux entre quotidiens nationaux, régionaux et hebdomadaires. Au plan scientifique, Oran dispose de deux grandes universités, de centres de recherches nationaux et d'une multitude de laboratoires scientifiques. Une ville inventive qui s'active à conquérir un statut de grande métropole de la Méditerranée."

 

Enfin, Oran est une ville largement offerte au tourisme avec un important parc hôtelier et de nombreux points d'intérêts liés à son histoire riche et mouvementée.

Pour en savoir plus:

 

"Oran, mémoires en images" Éditions Association Bel Horizon 2005.

"L e petit futé" Edition 2007-2008

et http://www.petitfute.com/monde_voyage/algerie/index.php

http://www.oran-dz.com/projets-de-la-ville/index.html

http://www.djamila.be/Documents/oran.htm

http://fr.wikipedia.org/wiki/Oran


 

Ce qu'il faut savoir du Raï avant toute chose

"On ne peut rien comprendre du raï et de l'expression culturelle de ce pays sans s'intéresser à l'anthropologie sociale, sans revenir aux racines des comportements" explique Hadj Miliani, directeur de laboratoire au Centre de Recherches en anthropologie Sociale et Culturelle (CRASC)." Le raï est comme une éponge, il s'inspire de tous les styles, il emprunte, il transforme, il s'adapte. C'est un genre malléable, une sorte d'affranchissement qui accompagne les festivités et le plaisir.

Contact : hmiliani@yahoo.fr  tél mobile: 0772667431

"A penser la musique raï comme genre constitué sur le modèle des genres dominants (musique andalouse) ou tout simplement légitimes (comme le chaäbi), on a été amené à oublier dans ce cas là (celui de l'historicité) que ce que figure le raï c'est moins l'aboutissement d'un genre que la résultante de conduites sociales et culturelles expliquent Bouziane Daoudi et Hadj Miliani. La reconstitution de ce qui va nourrir cette musique des jeunes de la fin des années 1970 englobe pratiquement toutes les formes et tous les styles qui vont marquer le paysage musical de l'Oranie durant près d'un siècle: musiques officielles et chansons de rue, airs du pays ou mélodies venues d'ailleurs, couplets sacrés et chants profanes, chansons à boire et bluettes sentimentales. C'est de ce florilège totalement assumé que le raï va s'inspirer pour dire son présent, empruntant ici un couplet, là un air, ailleurs une expression. A ce titre, malgré ses détracteurs, le raï est bien une représentation d'un terroir, d'un peuple, d'une histoire."

Source: "L'aventure du raï . Editions du Seuil, Collection Point virgule.

Oran n'a été qu'un réceptacle, déclare le Dr Mohamed Taibi , Maître de conférence, chercheur en socio anthropologie, membre du Comité Permanent de Partenariat Euro-Méditerranéen (COPPEM)." Le raï provient d'une musique de terroirs. La question est de savoir pourquoi le phénomène s'est déplacé vers l'Ouest. Il faut prendre en compte quatre dimensions:

• l'espace est transnational et anthropologique.

• Il existe toujours un maître référentiel, source de la création. Celui qui n'a pas de cheikh, c'est le diable, dit en riant.

• Il existe toujours un phénomène de hiérarchisation ( Khaled a toujours cité ses maîtres)

• L'expression artistique qui émane d'un terroir répond à une stratégie. Le raï a mis sur la scène publique des choses qui ne l'étaient pas.

 

Le raï s'est inspiré du Bédoui et finalement l'a urbanisé. On ne peut s'empêcher de penser au bédoui lors des préambules qui précèdent les chansons raï, le fameux Ayyayya, typiquement bédoui.

Contact : fellaoucene20002002@yahoo.fr  Tél mobile: 0771 37 00 80

 

"Le raï est sorti des quartiers pauvres d'Oran. C'était un cri de révolte de la jeunesse sur les mauvaises conditions de vie, le quotidien des logements insalubres, la difficulté à vivre les amours interdites, l'exil. Il est issu de la clandestinité, nous confie Habib Hadri, Toutefois il a emprunté dans les premiers temps les canons de la chanson oranaise. Les istikhbars sont des emprunts à la musique andalouse. Ces petits poèmes chantés préfacent la chanson raï. Concession, peut-être, à la chanson oranaise qui évoquait la religion, la tradition, l'amour idéal, la vie d'antan, les ancêtres.

 

Dans le raï on emprunte des bribes de poèmes (Melhoun), des rythmes, des styles, des thèmes de chansons, et l'auteur compose avec ce matériau comme un peintre le ferait avec une palette de couleurs.

 

L'autre dimension libératrice du raï est illustrée par la femme qui pour la première fois accède à la scène et chante en public. Les chabas ont soudain révolutionné une société très conservatrice où la femme n'avait pas droit à la parole publique. L'une des figures emblématiques du raï féminin est sans conteste Cheika Rimitti , décédée il y a un an et demi. Elle avait fait l'Olympia, en France. Ensuite ce furent les duos homme/femme, du jamais vu ! Le couple célèbre, Cheb Sahraoui et Chaba Fadela , est encore dans toutes les mémoires."

Contact: habibhadri2@yahoo.fr  Tél. mobile : 0773 31 95 94

 

Tout savoir sur le raï en quelques pages essentielles

Cette excellente synthèse des débuts du raï à fin 1993, reproduite ci-dessous, est signée François Bensignor . Elle est éditée par Afro.mix. org . L'article est disponible au lien suivant: http://www.afromix.org/html/musique/intro/articles/ya-rai.fr.html

Les origines du Raï On s'accorde généralement pour voir dans le raï un héritage de l'art poétique des Bédouins. Si l'on sait qu'il se chantait avant le début de notre siècle, il semble difficile de dater précisément son origine.

 

L'onomatopée ya-rây, mode de ponctuation servant notamment à compléter une ligne mélodique, définit un style particulier de poésie chantée. Quant au mot raï (ou rây), sa racine (R. A. Y.) renvoie aux notions d'opinion, de conseil, voire de libre-arbitre. Le raï rural traditionnel, où le chant est accompagné de la gasba et du guellal, revêt deux formes. L'une sérieuse, policée, apanage des notables, poésie chantée dans les confréries religieuses, zawiyâte , au cours des wa'dât , fêtes votives, ou lors des fantasias et des festins (machta ), des cercles d'amitiés et des cérémonies familiales. L'autre érotique, lyrique, populaire, interprétée par les bergers bédouins, diffusée dans les cafés-maure, cafés-concerts, dans les lieux publics, les souks en particulier et paraît-il dans les mariages et surtout dans toutes les maisons de tolérance où la bassesse des textes atteint son paroxysme .Au contraire de la plupart des autres styles de poésie chantée au Maghreb, qui usent abondamment de la métaphore imagée, le raï peint en langage direct les sentiments, le désir, les conflits sociaux et familiaux.

A suivre...(toutsavoir sur le raï en quelques pages essentielles)

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Houari Dauphin  posté le dimanche 10 juin 2007 18:28

Enfant d’El-Bahia, la capitale mondiale du raï, Houari dauphin a vu le jour il y a 31 ans. Particulièrement attiré par la musique et le chant, à un âge précoce, il est inscrit au conservatoire d’Oran, le temps de se familiariser avec les gammes musicales.
Après ce passage obligé, il fait ses premières scènes. Jeune, ambitieux et surtout très talentueux, le tout-Oran se l’arrache littéralement. Les fêtes nuptiales organisées dans la ville et les bourgs alentour n’ont aucun secret pour lui. Ilest invité, à chaque fois, à y chanter avec son petit orchestre. Gagnant en assurance, Houari dauphin voit sa réputation et sa carrière se construire.
En 1996, alors qu’il se produit aussi dans une discothèque baptisée «Le dauphin rose», il sort un premier album dont les paroles sont écrites par Aziz Kourbali, tandis que les compositions portent sa signature. Trois musiciens l’accompagnent sur cet opus : Ali Bouabdellah, Hocine Cheriet et Houari Choumal.
L’album, dont le titre phare est Ya lemouima khelini n’rouh, marche fort. Le public commence à s’emballer pour cette voix rocailleuse qui sait si bien parler de sentiments, de paix, et de toutes les préoccupations de la jeunesse.
Des tournées suivent. France, Suisse, Belgique, Norvège, Suède, Hollande et même Canada.
Houari qui a été précédé par des artistes portant le même prénom (Benchenet, Aouinet…) est désormais le dauphin. 
Les jeunes l’adorent, les producteurs se l’arrachent et les paroliers lui proposent des textes sur mesure. Houari, le jeune prodige, en profite pour enregistrer album sur album. Résultat ? En près de dix ans, il
compte environ une quarantaine de K7 sur le marché. On se rappelle alors Kif ray ihabalni et Mamamiya, tous deux sortis en 1997, Wili wili ma daret fiya chira, dans les bacs en 1999, Nekri l’oumri fe Sheraton, sorti en 2001, Chal nebghi n’qalach aâmri, datant de 2002, Je pense à toi, sorti en 2004 ,mhatma nkhalik ,sorti en 2006 et de beaucoup d’autres encore qui ont cartonné sur le marché de la musique.

Discographie

  • Ya lemouima khelini n’rouh(1996)
  • Kif ray ihabalni (1997)
  • mamamia(1997)
  • Wili wili ma daret fiya chira (1999)
  • ha bouya
  • rani h'na
  • mabinatnache
  • ghadi nwali khalate
  • rani maak
  • Nekri l’oumri fe Sheraton (2001)
  • Chal nebghi n’qalach aâmri (2002)
  • nebghik
  • harani harani
  • Je pense à toi(2004)
  • goulili ha el mahna
  • daymen makhdouaa ya galbi
  • ayite nenssa
  • khala dar bouk
  • manebghiche alik tazaafi
  • C’est ma vie "live" (2005)
  • El-aâchk kwani "live" (2005)
  • Dauphin & Khalass "live a Lyon"
  • Dauphin & Abdou "live a paris" (2005)
  • ana ou ana (2006)
  • mhatma nkhalik (2006)
  • comme d'habitude (2006)
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Nass El Ghiwane (Les Combatons du Maroc)  posté le lundi 28 mai 2007 19:52

Blog de amineamine : Le Raï..chemin de l'éternité, Nass El Ghiwane (Les Combatons du Maroc)

Nass El Ghiwane (arabe : ناس الغيوان) est un groupe musical marocain, né dans les années 1970 à Casablanca au quartier Hay Mohammadi l'un des quartiers les plus pauvre de la ville et composé au départ de cinq musiciens : Omar Sayed, Laarbi Batma, Boujmaa, Alal Yaala et Aziz Tahiri qui sera plus tard remplacé par Abderhmane Paco. Leur répertoire est puisé dans le creuset de la culture et la poésie marocaine, mais aussi dans des textes religieux issus de grande figures religieuse de l'Islam.

 

Grâce à leurs paroles engagées et poétiques reflétant les malaises de la jeunesse marocaine de l'époque et à leurs rythmes puissants, joués à l'aide d'instruments traditionnels, ils ont révolutionné la musique marocaine et maghrébine et laissé une marque indélébile dans le paysage culturel du pays.

 

Malgré les années « Les Rolling Stones de l'Afrique » restent très largement connus au Maroc et ailleurs, mais désormais sans Larbi Batma, décédé d'un cancer des poumons et qui a rejoint feu Boujmâa en 1996.


 Nass el Ghiwane à l’Olympia le 18 mai 2007  

L’Olympia rendra hommage au groupe marocain mythique, Nass El Ghiwane pour un concert unique, le vendredi 18 mai à 20h30. La première partie du spectacle sera assurée par la jeune et talentueuse Nabyla Maan, et accueillera comme guest stars, Saïd Mosker et Mohamed Rida.

 

Nass el Ghiwane à l’Olympia le 18 mai 2007Nass el Ghiwane, c’est 34 années de création musicale, plus de 26 albums, 1 disque d’or et des millions de disques vendus à travers le monde. Ceux que le réalisateur américain Martin Scorsese a qualifié de « Rolling Stones de l’Afrique » auront inspiré des stars de la musique comme Jimmy Hendrix, Bob Marley, les Rolling Stones, Robert Plant pour ne citer qu’eux.

Plus que de la musique, Nass El Ghiwane c’est d’abord une philosophie rejetant avec des mots simples et des rythmes élémentaires, tout compromis avec l’injustice et le déracinement pour mieux toucher les cœurs.

Tahar Benjelloun a écrit : « Ils sont aimés parce qu’ils ont su capter et chanter la parole de la terre, celle du douar, celle des quartiers spontanés dans la banlieue des villes. En cela ils ont marqué une rupture radicale dans l’histoire de la chanson maghrébine du groupe laquelle a souvent manqué d’authenticité. ».

L’aventure des Nass el Ghiwanes débuta en 1971, dans le quartier populaire casablancais, Hay el Mohamadi à l’initiative de Larbi Batma et Boujemiî. Le groupe est vite au complet avec Allal Yaala, Abderrahmane Paco et Omar Sayyed. Le succès est immédiat. La chanson marocaine est enfin réhabilitée avec son dialecte et son patrimoine musical. Des instruments comme le tambourin, le sentir (instrument à corde réalisé avec des intestins de chameau), le binjo et les tamtams ressurgissent de l’oubli. Le mélange des genres est détonnant.

L’influence des ghiwanes, véritable appel à la fraternité humaine, s’étend rapidement au-delà des frontières et surtout dans les pays du Maghreb, donnant naissance à la chanson raï à Oran (algérie).

Aujourd’hui une digne relève des Ghiwanes est assurée par Rachid Batma et Hamid Batma aux cotés des deux vétérans Omar Sayyed et Allal Yaala. Leur dernier album « Ennehla Chama » produit par Platinium Music, où l’on retrouve des airs Gnaoui, Issaoui et de Melhoun, accompagnés de textes poétiques puisés dans les réalités du pays : lutte contre la répression, le mal de vivre, l’amour du pays, la convivialité et tant d’autres thèmes sociaux et politiques, est la preuve vivante que le groupe a su traverser les âges en préservant son âme. Le style Ghiwani est toujours là, fort, juste, debout !

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Faudel (Tellement je t'aime)- c'est pour toi Amina.  posté le mardi 22 mai 2007 20:08

Blog de amineamine : Le Raï..chemin de l'éternité, Faudel (Tellement je t'aime)- c'est pour toi Amina.
Un seul regard d'elle et ils ont vu que je l'aimais
avec elle mon raï est parfait
un seul regard d'elle, et les gens étaient jaloux
ils n'ont qu'à faire comme nous, alors !

{Refrain:}
tellement je t'aime, je pense à toi
tellement je t'aime, je rêve de toi
tellement je t'aime, passionnément
tellement je t'aime, à la folie
tellement je t'aime, je me meurs pour toi
tellement je t'aime, je demandes après toi
tellement je l'aime et je l'adore

un seul regard d'elle et me voilà dans la douleur
une douleur sauvage oh !
un seul regard d'elle
et il n'y a de dieu qu'Allah, me voilà accroché

{au Refrain}

je l'aime, c'est vrai
je ne peux me passer d'elle, je vous dis
je suis avec elle tout le temps
pour vous dire la vérité

{au Refrain}
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